Les poires Blanquette de saintonge.
Photo d'une poire Blanquette de saintonge.
Originaire, comme beaucoup de fruits, de l'Asie centrale, le poirier Pyrus communis s'est répandu dès l'époque néolithique dans toute l'Europe occidentale, on a d'ailleurs retrouvé des pépins de poire dans de nombreux sites préhistoriques. La culture proprement dite de la poire aurait commencé en Chine, plus de quatre mille ans avant notre ère. Les Grecs semblent avoir apprécié les poires, qu'Homère nommait "cadeau des dieux". Mais ce sont les Romains qui, pratiquant systématiquement la greffe "Greffe tes poiriers, Daphnis, tes petits neveux en recueilleront les fruits", chantait Virgile, développèrent le nombre des variétés : Caton n'en cite que six, Pline déjà plus de quarante,et on en recensait une bonne soixantaine à la fin de l'Empire romain.
La diffusion des poires se fit progressivement dans toute l'Europe. A l'époque médiévale, les poires ne semblaient guère fameuses, si l'on en croit leurs dénominations : "caillou rosat", "poire d'angoisse", que l'on consommait surtout cuites. Mais rapidement, les variétés devaient s'améliorer et devenir plus nombreuses : on en compte environ deux cents à la Renaissance, près de cinq cents sous le règne du Roi-Soleil, dont certaines portent des noms aussi évocateurs que "Muscate", "Bergamotte", "Frangipane", "Cuisse-madame", "Virgouleuse"... A présent, l'éventail des variétés s'est encore enrichi, et on peut en dénombrer plusieurs milliers, dont une dizaine seulement ont une réelle importance commerciale. Les poires que nous consommons aujourd'hui, nées pour la plupart au siècle dernier, sont le résultat de sélections attentives. |