Royale Asperge...
Probablement originaire du bassin méditerranéen, l'asperge était déjà consommée -le plus souvent à l'état sauvage- chez les Egyptiens et les Grecs.Les Romains en développèrent la culture, mais ce légume restait un mets réservé aux riches gastronomes. Un peu oubliée ensuite, l'asperge devait réapparaître à la Renaissance, et retrouver la faveur des gourmets. Produit de luxe, l'asperge était appréciée des rois et des princes. Henri III en servait à ses mignons, et Louis XIV l'exigeait sur sa table en toute saison : pour satisfaire son désir, La Quintinie, le responsable des jardins royaux, mit au point un système de culture sous abri et en couche chaude, permettant une récolte pratiquement toute l'année !
A table au XIXe siècle. Aux frontières de l'histoire, de la sociologie et des beaux-arts, l'exposition mêle tous les types de documents, peintures, photographies, dessins d'architecture, vaisselle et orfèvrerie, menus, affiches publicitaires, livres et objets techniques. Elle aborde, tout d'abord les bouleversements technologiques liés à l'alimentation, les aliments proprement dits et les lieux où l'on pouvait les acheter, ainsi que la littérature gastronomique, de Grimod de la Reynière à Auguste Escoffier. Le célèbre tableau de Manet, L'asperge, est confronté à une véritable asperge de 1889 conservée dans le formol, très probablement de la même espèce, la tardive d'Argenteuil, la seule encore consommable à la saison où peint Manet. L'asperge, connue seulement des gourmets aristocratiques pendant longtemps, est en effet devenue un légume plus courant dans la cuisine bourgeoise. Jusqu'au début du XIXe siècle, seuls les amateurs fortunés pouvaient s'offrir ce légume raffiné et fort cher. L'asperge commencera à se démocratiser à cette époque, lorsque les cultures se répandirent en région parisienne d'abord (prés d'Argenteuil, Bezons et Epinay), puis dans le val de Loire dans les années 1870. Enfin, elle allait conquérir l'Aquitaine, la Provence et le midi de la France, aujourd'hui autres grandes régions de production. |